Pourquoi un syndicat des salarié·es vétérinaires et ASV est indispensable — CGT Les Cerisiers
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Pourquoi un syndicat des salarié·es vétérinaires et ASV est indispensable

Les salarié·es sont aujourd’hui majoritaires dans la profession — mais restent la seule partie du métier sans syndicat professionnel qui lui soit propre.

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Pourquoi se syndiquer

Une profession libérale, pourtant très majoritairement salariée

Au 31 décembre 2025, la profession comptait 23 022 vétérinaires en exercice : 56,4 % en libéral — dont presque 10 % en collaboration libérale (+12,3 % sur l’année), un statut qui correspond bien souvent à du salariat déguisé — et 43,6 % salarié·es.

Les auxiliaires vétérinaires et, plus globalement, le personnel salarié non vétérinaire forment à eux seuls l’autre moitié — souvent oubliée — des professionnel·les du secteur : environ 22 000 sur un total de 28 600 salarié·es non vétérinaires. Contrairement aux vétérinaires, aucun recensement officiel et précis de cette profession n’existe à ce jour : un signe, parmi d’autres, du peu de considération que lui accordent les instances de la profession.

Soit un total de plus de 51 000 personnes travaillant dans cette branche, dont la part de salarié·es — vétérinaires et non vétérinaires confondu·es — représente 75 %.

23 022vétérinaires en exercice, dont 43,6 % de salarié·es
75 %des professionnel·les de la branche sont salarié·es
≈22 000ASV, parmi 28 600 salarié·es non vétérinaires

Sources : Atlas ONDPV (31/12/2025) ; SNVEL, rapport annuel 2024, données 2022.

Les salarié·es restent pourtant trop peu syndiqué·es, et n’ont à ce jour aucun syndicat professionnel qui leur soit propre — ne pouvant se rattacher qu’à des confédérations généralistes (CGT, CFDT, CFE-CGC, etc.). Les patrons vétérinaires, eux, ont le leur : le SNVEL, syndicat des vétérinaires libéraux, qui domine et façonne la branche depuis des décennies selon les règles qui l’arrangent le mieux.

La montée des groupes et la financiarisation — se syndiquer pour survivre

Un phénomène spécifique est venu bouleverser récemment tout le secteur : la croissance explosive des groupes vétérinaires (IVC Evidensia, Mon Veto, Anicura, et d’autres), portée par une course au rachat de cliniques jusque-là indépendantes. Ces groupes financiarisés concentrent une part croissante des salarié·es du secteur, et appliquent des organisations du travail bien connues dans d’autres milieux, avec des effets concrets sur le quotidien :

  • Intensification du travail — diminution du temps de consultation, tension sur les effectifs, non-remplacement
  • Pression économique — hausse des tarifs, objectifs de productivité, arbitrage entre qualité de soin et rentabilité
  • Risques psychosociaux — tensions organisationnelles accrues, modification des contrats, RH et directeurs régionaux ne venant pas du milieu du soin vétérinaire, communication descendante
  • Perte d’autonomie professionnelle — décisions budgétaires centralisées, arbitrages faits loin du terrain, gestion des commandes par le groupe
Répartition syndicale dans la branche

À l’échelle de toute la branche vétérinaire (cabinets et cliniques, IDCC 1875), la représentativité syndicale se mesure séparément lors d’élections nationales. Le dernier arrêté (17 juillet 2025) marque une progression nette de la CGT par rapport à la précédente mesure (arrêté du 6 octobre 2021, IDCC 1875 et 2564) :

Organisation20212025Évolution
CGT-FO17,81 %29,62 %+11,81 pts
CGT19,71 %25,26 %+5,55 pts
CFDT21,43 %19,63 %−1,80 pt
UNSA21,14 %14,35 %−6,79 pts
CFE-CGC19,90 %11,14 %−8,76 pts

Collège salarié·es. Le SNVEL, seul syndicat patronal représentatif, occupe 100 % du collège employeur.

La CGT est passée de la 4e à la 2e place en quatre ans. C’est le résultat direct de syndicats d’entreprise qui se créent et mobilisent, comme celui des Cerisiers.

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D’où vient ce déséquilibre

Dans ce modèle, le SNVEL — syndicat patronal — a occupé tout l’espace. Il a façonné les règles, influencé la formation, orienté la pratique, parfois même l’image publique du métier. Il a délibérément écarté les salarié·es en niant la réalité de leurs aspirations et de leurs conditions, continuant de les considérer comme de « libéraux en devenir », incomplets, insuffisant·es. Il a également tout fait « tenir en laisse les ASV » et conserver la main sur la définition, la formation et l’évolution du métier d’Auxiliaire Vétérinaire, limitant leur marge d’action et leur reconnaissance pour maintenir un ascendant total des employeurs sur leurs ASV.

Le SNVEL défend les intérêts des employeurs, pas des salarié·es, et donc pas de la branche. Et beaucoup de vétérinaires libéraux, devenus employeur·euses presque « par accident » et sans formation au management ou au droit du travail, se retrouvent avec un pouvoir très important sur leurs équipes — un pouvoir qui naît directement du déséquilibre lié au contrat de travail et au lien de subordination. Dans un contexte de charge intense et de pénurie, ce pouvoir déborde vite : pression permanente, plannings intenables, souffrance au travail, départs en chaîne. Ces déséquilibres ne sont pas individuels : ils sont organisés, structurels.

L’Ordre national des Vétérinaires, de son côté, n’a pas suivi l’évolution de la branche. Aujourd’hui encore, il laisse de nombreux sujets dans l’ombre — comme l’indépendance professionnelle des salarié·es, largement fragilisée par les groupes : pression commerciale, objectifs irréalistes, plannings intenables, injonctions hiérarchiques. Ou le travail dissimulé des ASV qui réalisent depuis des années des actes vétérinaires sans être rémunérées pour ça, et toujours pas malgré la très récente loi sur la délégation d’actes. Il laisse les salarié·es sans repères face aux abus, et donne l’impression que leur protection professionnelle reste secondaire par rapport à celle des libéraux, malgré l’évolution réelle du métier.

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Un conflit d’intérêt structurel

SNVEL, Ordre : les mêmes cercles

Le SNVEL (syndicat patronal) et l’Ordre des vétérinaires partagent une histoire commune. L’Ordre a été créé dans les années 1950 dans la continuité directe du syndicat historique des praticien·nes libéraux, ancêtre du SNVEL — avec lequel il a longtemps partagé responsables, valeurs et priorités.

Résultat : les mêmes cercles influencent à la fois la formation des professionnel·les, la déontologie du métier et la défense des intérêts employeurs — sans contre-pouvoir salarié équivalent en face.

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Une branche structurée… sans les salarié·es

Pendant que le salariat grandissait, les orientations de la profession ont été largement définies par des organisations issues de l’histoire libérale du métier. Autour du SNVEL gravitent d’autres acteurs structurés en syndicats — SNVECO (vétérinaires conseils), SpéVet, SNISPV (inspection santé publique) — réunis au sein d’une fédération (FSVF), dont les salarié·es sont absent·es.

Ces organisations produisent des recommandations, forment l’opinion professionnelle, orientent les débats publics, et participent parfois aux travaux institutionnels avec les ministères. Mais elles sont toutes tournées vers les préoccupations des praticien·nes libéraux, de leurs entreprises, ou de leurs spécialisations — jamais vers les salarié·es. Aucun espace équivalent n’existe pour porter la réalité quotidienne des ASV et des vétérinaires salarié·es : sous effectif, salaires, indépendance professionnelle, sécurité, conditions de travail.

Malgré ce rôle central, aucun syndicat métier ne porte la voix des salarié·es. Les confédérations interprofessionnelles — CGT, FO, CFDT — jouent un rôle essentiel, mais doivent nous représenter sans l’appui d’une expertise métier propre aux cliniques ni d’une implantation professionnelle sur le terrain, alors que les employeurs disposent d’un arsenal complet : leurs médias (La Dépêche vétérinaire), leur organisme de formation (APFORM), leurs outils techniques (ICAD, SAPV…), et leur syndicat professionnel (SNVEL), parfaitement structuré.

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Des décisions qui nous concernent directement

Ce déséquilibre n’est pas théorique : il se traduit par des orientations de branche qui impactent directement notre quotidien et notre rémunération.

La négociation du point

Dans notre convention collective, chaque poste correspond à un certain nombre de points, et ces points sont convertis en euros grâce à une valeur négociée chaque année entre syndicats et employeurs. C’est cette valeur qui fixe le salaire minimum de tout le secteur. Si elle n’augmente pas, les salaires stagnent — même quand la vie coûte plus cher.

Voir notre article sur le point 2026

La délégation d’actes aux ASV

Un décret encadre désormais les actes vétérinaires que les ASV peuvent légalement réaliser, sous certaines conditions. Cette évolution élargit les responsabilités et les compétences reconnues du métier — mais elle doit s’accompagner d’une vraie reconnaissance salariale et d’un encadrement clair, sans quoi elle revient à faire porter plus de charge sans plus de protection.

Lire notre article complet

La refonte des classifications et des échelons

Une renégociation des classifications et des échelons de la convention collective est en cours — c’est elle qui détermine, pour chaque poste, à quel niveau de salaire minimum vous avez droit. Mal négociée, elle peut figer durablement la reconnaissance du métier d’ASV à un niveau trop bas. C’est un chantier sur lequel il faut absolument peser collectivement, maintenant, pour éviter une catastrophe pour les ASV.

Ces orientations sont aujourd’hui discutées et arbitrées dans des instances où les salarié·es restent sous-représenté·es.

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Un secteur en mutation : il faut s’organiser

Les groupes vétérinaires se développent, l’organisation du travail se complexifie, les pressions productives augmentent, et le droit du travail devient plus technique. Dans ce contexte, rester sans organisation dédiée, c’est rester sans protection.

Pourtant, les salarié·es montrent clairement qu’ils et elles veulent être représenté·es : lors des dernières élections TPE, la branche vétérinaire a obtenu un meilleur taux de participation que la moyenne nationale, et la CGT est arrivée en tête presque partout.

Face à cette absence d’espace dédié, les initiatives commencent à s’organiser. Au sein du groupe Les Cerisiers, des vétérinaires et ASV déterminé·es ont créé le syndicat S.A.V.E. — CGT Les Cerisiers, un syndicat commun pour tous les salarié·es du groupe, quelles que soient leurs fonctions ou leurs cliniques. Leur objectif est clair : reconstruire, depuis le terrain, une représentation et un rapport de force capable de défendre les réalités du travail salarié dans les cliniques.

Cette dynamique vise à dépasser l’échelle du groupe : l’ambition est de fédérer, demain, d’autres syndicats d’entreprise pour créer enfin un vrai syndicat métier des salarié·es vétérinaires et ASV, présent dans toutes les instances où se prennent les décisions qui concernent leur quotidien. Ce chantier est essentiel pour rééquilibrer le rapport de force avec le SNVEL et apporter un contre-pouvoir légitime, ancré dans la pratique et dans la réalité des équipes.

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Ce qu’un syndicat des salarié·es permet

  • Défendre réellement les droits des salarié·es dans la convention collective.
  • Apporter une aide juridique et technique sur les contrats, horaires, forfait jours, salaires.
  • Faire remonter les réalités du terrain : charge, soins, pression, continuité des soins.
  • Porter une voix autonome face au SNVEL et aux groupes vétérinaires.
  • Protéger les équipes contre les dérives managériales et les excès d’organisation.
  • Redonner du pouvoir à celles et ceux qui font vivre le métier au quotidien.

Rejoindre le mouvement

S’organiser, c’est déjà commencer à rééquilibrer le rapport de force. Découvrez comment adhérer, étape par étape.

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